JEAN-PIERRE
SOISSON
CHARLES QUINT
(biographie)
Passionné d'histoire, amoureux
des archives, Jean-Pierre Soisson est ancien
ministre d'État, maire d'Auxerre et
député de l'Yonne,
président du Conseil régional de
Bourgogne. Dernier livre : Charles le
Téméraire (Grasset, 1997).
Chapitre I
Duc de Bourgogne
harles
est le fils de Philippe de Habsbourg, dit le Beau,
et de Jeanne d'Aragon, dite la Folle. Du
côté paternel, ses grands-parents sont
l'empereur Maximilien d'Allemagne et Marie de
Bourgogne ; du côté maternel, les rois
Ferdinand et Isabelle d'Espagne.
Il naît à Gand le lundi 24
février 1500 dans le Prinsenhof, la
résidence des ducs de Bourgogne. Un lundi,
comme son père à Bruges vingt-deux
ans auparavant. Du Prinsenhof construit au xive
siècle, il ne reste rien : tout juste un
porche et un pan de mur percé d'une
fenêtre. Le 24 février, Philippe le
Beau donne une réception : nobles et
échevins, banquiers et commerçants se
pressent dans les salles du palais. Fuyant la
fête, Jeanne se réfugie dans un
cabinet, où ses dames de compagnie,
inquiètes de son absence, la trouvent en
train d'accoucher 1. Dans ses Chroniques, Jean
Molinet précise l'heure de la naissance :
quinze heures cinquante-six minutes. Mais, au Moyen
Age, les heures ne sont pas comptées comme
aujourd'hui : un jour nouveau commence au lever du
soleil et les heures de la nuit sont
rattachées au jour précédent
1. Charles est donc né dans la nuit du 24 au
25 février, quelques heures après
minuit 2.
Pour son baptême, toute la ville de Gand est
« en feu et en flammes 3 ». Une
allée de bois, « élevée
au-dessus du pavé d'environ trois pieds
», a été construite, pour des
raisons de sécurité, entre le
Prinsenhof et l'église Saint-Jean,
l'actuelle cathédrale Saint-Bavon : elle
permet aussi au peuple de Gand de voir le
spectacle. Elle est décorée de trois
séries de treize portes. Le Moyen Age aime
les symboles : trois, pour les « trois membres
de Flandre », Gand, Ypres et Bruges ; treize,
pour les treize membres de la municipalité
de Gand. A la fin de chaque série, trois
portiques célèbrent la Sagesse, la
Justice et la Paix, qui constituent les aspirations
premières des Pays-Bas. Tout le chemin du
cortège est éclairé de «
plus de dix mille flambeaux ». Sur la Lys, des
musiciens ont pris place sur un bateau. Un
funambule court sur une corde tendue entre le
beffroi et la flèche de l'église
Saint-Nicolas.
Ouvrent la marche les doyens des corporations, les
échevins, les nobles, au nombre de «
trois à quatre cents ». Derrière
eux, Henri de Nassau tient le cierge du
baptême, Jacques de Luxembourg la
salière, Philippe de Bourgogne le bassin et
Ferry de Croy l'aube. Suivent les parrains et les
marraines : Charles de Croy et Jean de Berghes ;
Marguerite d'Autriche et Marguerite d'York,
duchesse douairière de Bourgogne. La veuve
de Charles le Téméraire porte le
prince dans ses bras ; Jean de Luxembourg,
Eléonore, la fille aînée des
ducs de Bourgogne, que les Gantois ne connaissent
pas encore (1).
Dans l'église Saint-Jean, le prince
héritier reçoit le nom de Charles en
l'honneur de son arrière-grand-père,
Charles le Téméraire, et le titre de
duc de Luxembourg, en mémoire de l'empereur
Charles IV. Ses parrains lui offrent un casque
d'argent et une épée à
poignée d'or, ses marraines une
patère et un gobelet garnis de pierres
précieuses ; l'évêque de
Tournai une Bible et le magistrat de Gand « un
navire en argent avec tous ses agrès »,
symbole du commerce maritime des Pays-Bas. A la
sortie de l'église, des écuyers
jettent au peuple des médailles d'or et
d'argent. Les révoltes de 1467 contre
Charles le Téméraire et de 1477
contre Marie de Bourgogne sont oubliées !
Les fêtes du baptême présentent
le tableau d'une société turbulente
et inquiète, jamais rassasiée de
spectacles, s'ébrouant à l'aube du
xvie siècle.
Aucun prince n'eut en naissant plus belle
perspective : par sa mère, Charles peut
prétendre aux couronnes de Castille et
d'Aragon, régner sur Naples et la Sicile ;
par son père, recevoir l'héritage des
maisons de Bourgogne et d'Autriche.
Décrivant ses possessions, Michelet
évoque « un chaos énorme de
royaumes jeté dans son berceau » ; il
voit en Charles l'adversaire des Etats nations en
formation, de la France et de François ier
2. Mais, des territoires dont il héritera,
Charles Quint fera un véritable empire,
jetant les bases d'une organisation nouvelle de
l'Europe, fondée sur l'idée
dynastique. Ses ancêtres sont issus de
presque tous les pays européens : Charles
est « prince de races multiples (3
)».
Si l'on remonte à la sixième
génération, il n'a pas trente-deux
ascendants, comme c'est généralement
le cas, mais vingt-quatre seulement : ses
ancêtres se sont mariés plusieurs fois
entre eux. Ainsi, le couple Jean de Portugal et
Philippa de Lancastre figure trois fois dans la
liste de ses ascendants ; deux autres couples, deux
fois (1). Parmi ses vingt-quatre ascendants,
quatorze sont d'origine ibérique, trois sont
Français, deux sont Anglais. Les cinq autres
sont Flamand, Italien, Polonais, Lituanien et
Allemand. Un seul Allemand : Léopold de
Habsbourg. Brandi, le grand historien moderne de
Charles Quint, peut donc s'écrier : «
Ce n'est pas un Habsbourg que cet enfant-là
(2) ! » D'ailleurs, dans ses nombreuses
lettres, Charles n'utilise jamais le terme de
Habsbourg ; il évoque « notre maison
» ou « notre sang » - celui de
Bourgogne.
Cependant, du sang arabe et du sang juif coulent
dans ses veines. Comme pour la plupart des Grands
d'Espagne : huit siècles de luttes et de
rapprochements entre Maures et Espagnols ont
mêlé les sangs 3. L'Espagne
médiévale, pays des trois religions -
chrétienne, musulmane et juive -, a toujours
constitué un pont entre l'Occident et
l'Orient. Elle ne devient intolérante
qu'à la fin du xve siècle, quand elle
craint de se dissoudre : la frontière
derrière laquelle elle s'est construite
tombe avec la conquête de Grenade en 1492.
Elle se fabrique alors « une frontière
interne », en recréant inlassablement,
sur son sol et dans son âme, l'ennemi qui lui
fait défaut (4). Elle conquiert
l'Amérique, se projette en Flandre et en
Italie, devient la première puissance du
monde. Qu'importe ! Elle s'enferme à la
recherche de son identité dans un rêve
impossible de pureté. Elle expulse les
Arabes et les Juifs avec lesquels elle a
vécu pendant des siècles.
Charles Quint est à la fois Espagnol et
Bourguignon. Elevé comme un Bourguignon, il
choisira de mourir en Espagne. Son dernier sceau
montre les armes d'Espagne et de Bourgogne
mêlées, comme une affirmation de ses
racines. Empereur des deux mondes, son ambition
tendra à conquérir le duché de
ses ancêtres, à reconstituer
l'héritage mutilé 1. Il
désirera Dijon et n'aura pas Dijon.
Sa mère Jeanne d'Aragon a
épousé Philippe de Habsbourg à
Lierre le 20 octobre 1496. Jeanne a dix-sept ans,
Philippe dix-huit ans. Elle est brune, ses yeux
sont noirs, effilés en amande ; Philippe est
blond, grand, vigoureux. Beaux l'un et l'autre, ils
s'aiment dès le premier regard. Ils ne
parlent pas la même langue, mais leurs yeux
expriment leur désir : « Un chapelain
doit les unir, en toute hâte,
immédiatement 2 ! »
L'amour commande la vie de Jeanne d'Aragon. Depuis
son mariage, rien d'autre ne compte pour elle que
la présence de Philippe, la chaleur de
Philippe dans ses bras. En huit ans, elle lui donne
six enfants, qui tous vivront, parfois très
vieux, et régneront sur presque toute
l'Europe. Après Eléonore et Charles,
Isabelle naît à Bruxelles le 27
juillet 1501 ; elle deviendra reine de Danemark. En
novembre, Philippe et Jeanne quittent les Pays-Bas,
laissant leurs enfants à la garde de
Marguerite d'York. Ils gagnent l'Espagne où
les Rois Catholiques les appellent : leur fils Juan
est mort en octobre 1497, leur fille
aînée Isabelle en septembre 1498 et
Miguel, le fils de celle-ci, en juillet 1500.
Jeanne devient héritière des royaumes
de Castille et d'Aragon (1). A Alcalá de
Henarés, le 10 mars 1503, elle met au monde
Ferdinand, qui sera empereur d'Allemagne. Philippe,
lui, a déjà regagné les
Pays-Bas. Jeanne le rejoint au printemps 1504 :
elle ne peut vivre sans lui ! Marie naît
à Bruxelles le 15 septembre 1505 ; elle sera
reine de Hongrie.
La reine Isabelle de Castille meurt à Medina
del Campo le 17 novembre 1504 : Jeanne devient
reine de Castille, de León et de Grenade.
Elle doit rejoindre son royaume et, de nouveau,
avec Philippe, quitte la Flandre. Les nouveaux rois
débarquent à La Corogne le 26 avril
1506 pour apprendre que le père de Jeanne,
le roi Ferdinand d'Aragon, vient de se remarier
avec une princesse française, Germaine de
Foix. Philippe entre en lutte contre son
beau-père et le contraint à l'exil. A
peine a-t-il pris les rênes du gouvernement,
il meurt à Burgos le 25 septembre 1506 ! Il
a dîné chez son ami Juan Manuel,
essayé des chevaux, joué à la
paume. Il a bu de l'eau glacée et pris froid
: la fièvre se déclare dans la nuit
et ne le quitte plus. A vingt-huit ans, il meurt
d'une congestion pulmonaire. D'autres
hypothèses se répandent : Philippe
a-t-il été victime de la peste ?
Empoisonné par son beau-père ?
Jeanne sombre dans le désespoir et la folie.
A la Toussaint, puis à Noël, elle fait
ouvrir le cercueil de son mari, contemple
longuement le corps embaumé. Elle prend avec
ce dernier la route de Grenade. En chemin, à
Torquemada, elle met au monde le 14 janvier 1507
son sixième enfant, Catherine, qui sera
reine de Portugal. Elle fait ouvrir le cercueil une
troisième et une quatrième fois. Plus
rien ne l'intéresse : elle vit murée
avec le souvenir de Philippe. Elle est la reine
Jeanne, que décrit Montherlant dans Le
Cardinal d'Espagne : « Je suis morte de
chagrin le jour que mon époux est mort.
»
De retour d'exil, son père a repris le
pouvoir et l'enferme dans le château de
Tordesillas, où elle finira sa vie.
L'Espagne est unifiée, l'Amérique
découverte, Jeanne est la reine la plus
puissante du monde - et elle ne le sait pas !
Philippe la délaissait, la trompait :
qu'importe ! Il voulait lui arracher le pouvoir :
qu'importe encore ! Elle l'aimera jusqu'à
son dernier souffle. Dans Le Cardinal d'Espagne,
elle explique au cardinal de Cisneros, qui dirige
le gouvernement : « Il y a le monde de ceux
qui aiment et le monde de ceux qui n'aiment pas. Je
suis du monde de ceux qui aiment, et ne suis
même que de ce monde-là. » Elle
évoque ses nuits avec Philippe : « Sa
poitrine était comme les montagnes. Ses
jambes étaient les racines quand elles
s'étendent au pied des arbres (1)
»
Est-elle folle ? Les Cortes se refusent à la
reconnaître comme telle, à prendre
parti dans la lutte pour le pouvoir qui
déchire l'Espagne 2. Charles ira rendre
visite à sa mère à chaque
étape de son règne, sans comprendre
cette passion de l'amour qui l'a détruite.
Dans l'ombre, Jeanne demeure couchée sur le
souvenir de celui qu'elle aime, affirmant un
mépris sans borne de la
réalité.
Quand Philippe meurt en 1506, les Etats
généraux des Pays-Bas confient la
tutelle de ses enfants à leur
grand-père Maximilien, qui désigne sa
fille, Marguerite de Savoie, pour élever
Charles et ses surs : Marguerite s'installe
à Malines le 7 juillet 1507 (3).
Charles a sept ans. Comme tous les enfants de son
âge, il a été
élevé par des femmes : Anne de
Beaumont a été sa gouvernante et
Barbe Servels, sa nourrice. Quand cette
dernière mourra en 1554, il la fera inhumer
dans le chur de la cathédrale
Sainte-Gudule de Bruxelles. Henri de Wittem a
été son premier gouverneur : membre
d'une des plus vieilles familles de Brabant, il est
fidèle jusqu'à l'os à la
maison de Bourgogne. En 1506, Charles de Croy,
prince de Chimay, le remplace, mais il ne s'entend
pas avec Marguerite de Savoie et doit se retirer en
mars 1509. Pour lui succéder, il propose
à l'empereur son neveu, Guillaume de Croy,
seigneur de Chièvres (1).
Charles a plusieurs « maîtres
d'école »: Jean de Anchiata jusqu'en
1505, Luis Vacca jusqu'en 1513, Luis Vives et,
enfin, Adrien Floriszoon, qui deviendra pape 2.
Adrien est doyen de l'église Saint-Pierre
d'Utrecht ; c'est « un homme modeste, simple,
aux murs austères ». « Un
saint homme », écrit La Mota à
Cisneros. Peut-être ! Mais il ne
dédaigne pas les bénéfices
ecclésiastiques, qu'il cumule à
Louvain, Anvers, Utrecht et Anderlecht - et qui ne
lui suffisent pas : en septembre 1515, il sollicite
de Marguerite de Savoie de nouveaux
bénéfices en Castille ! Mais sa foi
est « profonde et mystique »: il exerce
sur Charles une influence déterminante
(3).
Autour du futur empereur, se constitue un cercle de
familiers et de fidèles, qui se maintiendra
tout au long du règne. Charles a besoin de
repères : il ne change pas les hommes qui
forment son équipe. Quand il a
accordé sa confiance, il la retire
difficilement.
Pour ses surs et lui-même, Marguerite
de Savoie devient la « bonne mère
». Les enfants habitent la résidence
des ducs de Bourgogne ; de l'autre
côté de la rue, Marguerite bâtit
un hôtel de style Renaissance, qu'elle emplit
d'uvres d'art et de livres précieux.
Charles découvre un monde de fêtes,
d'excursions, d'affection, dans une
atmosphère sans contrainte. Marguerite lui
apprend le chant, le met au clavecin, l'initie
à l'art 1. Régulièrement, elle
rend compte à son père Maximilien des
progrès de l'éducation des enfants,
des difficultés rencontrées, des
maladies survenues. Maximilien répond
à ses lettres dans un français
incertain et savoureux. Lorsque la peste se
déclare à Malines, il demande que
Marguerite éloigne les enfants 2. Ceux-ci ne
doivent pas oublier d'écrire en Espagne
à leur grand-père Ferdinand.
Maximilien recommande d'écarter un
médecin, qui lui paraît douteux, de
changer le capitaine des gardes, qui remplit mal
ses fonctions : il se révèle dans ses
lettres un grand-père attentif. Il
entretient avec Marguerite la correspondance la
plus familière et la plus
débridée du xvie siècle.
Quand elle reçoit la charge du gouvernement
des Pays-Bas, Marguerite a vingt-sept ans et sa
vie, déjà, est un roman 3. A deux
ans, elle a été fiancée
à Charles, fils aîné de Louis
XI, et élevée comme une reine
à Amboise. Mais Charles épouse Anne
de Bretagne et Marguerite, écartée,
doit rejoindre les Pays-Bas ! Pour peu de temps :
en janvier 1495, son père la marie une
deuxième fois à Juan d'Espagne, fils
des Rois Catholiques, qui a son âge. La
flotte, qui a conduit en Flandre sa belle-sur
Jeanne, l'emmène au retour en Espagne : elle
épouse Juan à Burgos le 3 avril 1497.
Les deux mariages de Philippe et de Jeanne, de Juan
et de Marguerite fondent l'entente austro-espagnole
: Marguerite est appelée à
régner sur l'Espagne, Philippe sur les
Pays-Bas.
Juan aime follement Marguerite ; les jeunes
époux ne quittent pas leur chambre : six
mois d'une union passionnée ! Juan est de
santé fragile, sans doute tuberculeux. Ses
médecins s'inquiètent. La reine
Isabelle refuse d'intervenir tant que Marguerite
n'est pas enceinte. Juan meurt d'épuisement
à Salamanque le 4 octobre 1497. Marguerite
ne sera pas plus reine de Castille qu'elle n'a
été reine de France.
Veuve à dix-sept ans, elle prend à
nouveau la route des Pays-Bas : elle arrive tout
juste à Gand, en mars 1500, pour le
baptême de Charles, dont elle est la
marraine. Son père ne lui laisse aucun
répit et la marie, en septembre 1501, au duc
de Savoie : Marguerite, par Reims, Troyes et Dijon,
gagne le prieuré de Romainmôtier dans
le Jura, où elle épouse le 2
décembre 1501 Philibert de Savoie,
considéré comme le plus bel homme de
son temps. Philibert a son âge ; il est fort,
vigoureux, sensuel. De nouveau, Marguerite
connaît l'amour fou. Dans la journée,
Philibert chasse et elle s'initie aux joies du
gouvernement : la voici heureuse, apaisée.
Mais, le 10 septembre 1504, Philibert meurt
brusquement au retour d'une chasse. Marguerite est
veuve à nouveau. Son père voudrait
qu'elle épouse le roi d'Angleterre ! Elle
refuse et, en octobre 1506, rejoint les Pays-Bas,
qu'elle ne quittera plus. L'art et la politique
vont, désormais, occuper sa vie (1).
Elle amène à Malines ses principaux
conseillers : Mercurino de Gattinara, Laurent de
Gorrevod, Jean de Marnix, Louis Barangier. Dans le
gouvernement qu'elle nomme, elle les mêle aux
représentants des vieilles familles des
Pays-Bas et constitue ainsi la meilleure
équipe ministérielle du xvie
siècle.
Toute la Cour de Bourgogne est réunie autour
d'elle le 19 juillet 1507 à Malines, dans
l'église Saint-Rombaut, pour les
obsèques de Philippe le Beau (1). Au premier
rang, Charles, l'héritier des ducs de
Bourgogne, porte un manteau et un chaperon noirs. A
l'offertoire, les chevaux de parade de son
père sont conduits devant l'autel, couverts
de housses de soie, l'une aux armes de Bourgogne,
l'autre aux armes de Castille. Des chevaliers de la
Toison d'or les suivent avec l'étendard,
l'écu, l'épée du roi
défunt. Le roi d'armes s'écrie par
trois fois : « Le roi est mort ! » Puis
il appelle : « Monseigneur Charles, archiduc
d'Autriche. » Charles se lève. Le roi
d'armes : « Monseigneur est en vie ! Vive
Monseigneur ! » Charles saisit
l'épée de justice : à sept
ans, il est duc de Bourgogne, souverain des
Pays-Bas (2).
Guillaume de Chièvres lui apprend la
politique. D'une manière personnelle,
très directe : jour après jour, il
analyse, commente pour Charles les rapports des
gouverneurs, les dépêches des
ambassadeurs. Michelet imagine la scène :
« Regardez à la lampe cet enfant
pâle en velours noir 3 ! » Charles n'a
pas douze ans et Martin du Bellay s'étonne
de l'éducation qu'il reçoit : «
Mon cousin, lui répond Chièvres, je
suis tuteur et curateur de sa jeunesse. Je veux,
quand je mourrai, qu'il demeure en liberté.
S'il ne connaît pas ses affaires, il lui
faudra un autre tuteur. Celui qui n'est pas nourri
au travail, doit se reposer sur autrui 4. »
Charles est nourri au travail. Chièvres lui
inculque le souci du détail, qui deviendra
pour l'empereur un mode de gouvernement : ne pas
tout regarder mais, dans ce que l'on évoque,
rechercher le détail et juger l'ensemble sur
les imperfections du détail.
Chièvres appartient à la famille des
Croy, qui a dirigé le « parti
français » sous Philippe le Bon, et que
Charles le Téméraire a toujours
combattue : il tenait les Croy pour responsables de
l'abandon par son père des villes de la
Somme 1. Antoine de Croy, le frère
aîné, a été le compagnon
d'enfance de Philippe le Bon, qui l'a nommé
premier chambellan ; Jean, le cadet, a
été bailli du Hainaut. Tous deux,
intelligents, entreprenants, ont le goût du
pouvoir et l'amour de l'argent. Le fils d'Antoine a
épousé Jacqueline de Luxembourg,
fille du connétable de Saint-Pol. Trois fils
sont nés de cette union : un seul, Guillaume
de Croy, seigneur de Chièvres, a
survécu.
Gourmand de pouvoir et d'argent, Chièvres a
le sens de l'Etat et des idées claires.
Prudent et perspicace, il est de comportement
radical, contournant les obstacles qui se
présentent sur sa route.
Il construit à Malines un superbe
hôtel proche de celui des enfants de
Bourgogne et aménage à
Héverlé - non loin de Louvain - un
domaine de chasse, qui a appartenu au chancelier
Rolin. A neuf ans, Charles découvre
Héverlé ; il aime le cheval, la
chasse, les grands espaces. Le château
devient sa résidence favorite, qu'il occupe
plusieurs mois par an. Dans les bois, il part seul
à la poursuite d'un cerf ou d'un sanglier.
Maximilien écrit à Marguerite :
« Nous sommes bien joyeux que Charles prenne
tant de plaisir à la chasse. Il prouve ainsi
qu'il n'est pas un bâtard (2 )! »
Charles tire tous les gibiers, à l'arc,
l'arbalète, l'arquebuse. Parfois, il est
maladroit : il tue un homme le lundi de
Pentecôte 1513. Marguerite l'excuse : c'est
« un accident de fortune »,
écrit-elle à son père, et la
victime était un « ivrogne 3 » !
Charles a le goût de la lutte et,
déjà, du pouvoir. Il divise ses pages
en deux camps, les Chrétiens et les Turcs :
les premiers, qu'il commande, gagnent toujours.
Pour consoler les seconds, il offre à leur
chef un chapeau à ganse d'or (1).
Chièvres explique à Charles la
fragilité de la position des Pays-Bas, la
nécessité pour eux d'une entente avec
la France et l'Angleterre. Il veut éviter un
conflit avec Louis XII, que les Pays-Bas n'ont pas
- pas encore - les moyens de conduire. Dans
l'entourage de Charles, sa tante Marguerite est
d'un avis différent : à un accord
avec la France, elle préfère une
alliance avec l'Angleterre.
Marguerite de Savoie participe, en octobre 1511,
à la création de la Sainte ligue et,
en avril 1513, à celle de la ligue de
Malines : l'une et l'autre contre la France, avec
les rois d'Angleterre et d'Aragon. Pour complaire
au roi Ferdinand - qui a été son
beau-père - Marguerite fait arrêter,
en janvier 1513, Juan Manuel, qui dirige à
Bruxelles le clan des émigrés
castillans. Avec l'accord de Maximilien, Juan
Manuel est emprisonné au château de
Vilvorde. Les chevaliers de la Toison d'or
s'indignent : Juan Manuel est membre de l'Ordre !
Il ne peut être incarcéré sans
leur consentement. Chièvres, qui est aussi
chevalier de la Toison d'or, les soutient. Devant
Charles, qui n'a pas treize ans, Marguerite se
cabre : « Si j'étais un homme et non
une femme, je me ferais bonne bouche des statuts de
votre ordre ! » Juan Manuel est
libéré, mais assigné à
résidence en Autriche. Plus tard, il servira
fidèlement l'empereur et deviendra l'un de
ses meilleurs ambassadeurs (2).
Mettant en uvre l'engagement pris à
Malines, le roi d'Angleterre, Henri VIII,
débarque à Calais, marche sur
Thérouanne. Aussitôt, Maximilien se
met à son service, fixe le montant de son
salaire : cent écus d'or par jour 1 ! C'est
énorme et dérisoire à la fois
: pour combattre les Français, « les
ennemis héréditaires de notre maison
de Bourgogne », il devient le premier empereur
stipendié de l'Histoire ! Avec ses
mercenaires allemands, il remporte le 16 août
1513 la victoire de Guinegate, la seconde qu'il
gagne contre des troupes françaises dans
cette ville. Henri VIII prend Tournai mais,
à court d'argent, ne peut payer ses soldats
: il arrête la guerre.
Le jeune duc de Bourgogne participe à sa
première conférence internationale.
Dans une ambiance de kermesse flamande, il
reçoit, offre des dîners en l'honneur
de l'empereur, son grand-père, et du roi
d'Angleterre (2). L'accord, esquissé
à Tournai, est conclu à Lille le 15
octobre 1513 : Charles épousera Marie,
sur du roi d'Angleterre, et trois «
protecteurs » veilleront sur lui - ses deux
grands-pères et Henri VIII.
Cependant, la ligue de Malines se disloque : Marie
n'épouse pas Charles, mais Louis XII
vieillissant. L'alliance entre la France et
l'Angleterre, que ce mariage scelle, prend les
Pays-Bas en tenailles : le temps des
épreuves est venu. L'hiver est rigoureux, la
peste menace, le peuple gronde
Marguerite écrit à son père le
24 février 1514 : « Pour Dieu,
Monseigneur ! Ne vous laissez pas abuser ! Entre le
roi catholique et la France, il y a de grandes
montagnes ; entre la France et l'Angleterre, la
mer. Mais, entre les Pays-Bas et la France, il n'y
a pas de séparation. Et vous savez
l'inimitié invétérée
que les Français portent à notre
maison (3) ! »
Rien n'y fait. Maximilien la tient à
l'écart des négociations qu'il
conduit personnellement, mariant ses
petites-filles, Marie - qui a huit ans seulement -
avec le roi de Hongrie et Isabelle avec le roi de
Danemark.
En juin 1514, pour les noces d'Isabelle, Charles
danse une partie de la nuit et tombe malade. Les
médecins - et les astrologues - ne lui
donnent pas deux ans à vivre ! Il est froid,
taciturne ; il demeure souvent « immobile
comme une idole », ailleurs, dans ses
rêves 1. Bernhard Strigel peint la famille de
Habsbourg réunie autour de Maximilien :
Charles a le regard terne, des yeux sans
expression, la bouche ouverte. Les deux
mâchoires n'arrivent pas à se joindre.
Plus tard, la barbe dissimulera cette tare
héréditaire, si visible, si
frappante, que tous les peintres en
exagéreront la laideur. Cette «
lèvre autrichienne », comme l'appelle
Brantôme, vient des Valois et non des
Habsbourg. Brantôme raconte l'anecdote de la
sur aînée de Charles, la reine
Eléonore, qui fait ouvrir à Dijon les
cercueils des ducs inhumés dans la
chartreuse de Champmol. Elle contemple les
squelettes, dont certains sont « si bien
conservés et entiers » qu'elle peut les
reconnaître : « Ah ! Je pensais que nous
tenions nos bouches de ceux d'Autriche, mais,
à ce que je vois, nous les tenons de Marie
de Bourgogne et des ducs de Bourgogne, nos
aïeux (2) ! »
De cette fragilité de naissance, Charles
triomphe par une énergie que personne ne
prévoit, si ce n'est Chièvres - qui
lui fait prendre confiance en lui. Chièvres
ne le quitte pas, dort dans sa chambre, calme ses
frayeurs d'enfant. Il l'aide à affirmer sa
personnalité.
En 1514, l'empereur manifeste l'intention de partir
en croisade et souhaite que son petit-fils
l'accompagne. N'ayant pas les moyens de financer
une telle expédition, il s'adresse aux Etats
généraux des Pays-Bas, leur demande
de voter des crédits pour le voyage de
Charles, le mariage d'Isabelle, le recrutement de
soldats
Pour faire bon compte, il ajoute cinq
cent mille florins afin d'apurer ses dettes
personnelles ! Tout cela ne paraît
guère sérieux : l'empereur ferait
mieux, répondent les députés
des Etats, d'émanciper son petit-fils et de
lui remettre le gouvernement des Pays-Bas. S'il
prenait cette décision, pour le «
récompenser de ses peines », ils lui
remettraient cent mille florins.
Maximilien accepte. En son nom, le 5 janvier 1515,
Marguerite de Savoie procède à
l'émancipation de Charles dans les
conditions souhaitées par les Etats
généraux. La cérémonie
se déroule à Bruxelles, dans le
palais des ducs de Brabant, trente-huit ans - jour
pour jour - après la bataille de Nancy, au
cours de laquelle périt Charles le
Téméraire (1).
Le futur empereur n'a pas quinze ans et,
déjà, il exerce tous les droits de la
souveraineté - ou plutôt
Chièvres les exerce pour lui. Le 17 janvier,
Jean Le Sauvage est nommé grand chancelier
et un nouveau gouvernement est constitué :
il comprend quatre représentants de la
famille de Croy
Chièvres, écrit
l'évêque de Badajoz au cardinal de
Cisneros, est « le personnage par la main
duquel tout se fait ici (2) ».
Tout au long de l'année 1515, Charles prend
possession de ses « bonnes villes »:
Louvain et Bruxelles en janvier, Malines, Anvers et
Gand en février, Bruges en avril, Delft,
Harlem et Amsterdam en juin. Toutes ces
réceptions le fatiguent : il rentre se
reposer à Bruxelles et
Héverlé. Lorsqu'il reprend sa route
à l'automne, il est reçu à
Mons et Namur (3).
Le roi Ferdinand, son grand-père maternel,
meurt à Madrigalejo le 23 janvier 1516 :
Charles devient roi d'Aragon. Dans son testament,
Ferdinand l'a désigné comme
régent pour la Castille. Charles ne peut
être davantage, puisque Jeanne vit encore et
qu'elle est, officiellement, reine de Castille :
Charles ne peut donc exercer le pouvoir qu'au nom
de sa mère. Mais Chièvres et Le
Sauvage veulent pour lui - tout de suite - la
couronne de Castille ! C'est impossible, indique de
Valladolid le cardinal de Cisneros. La
déchéance de la reine n'a pas
été constatée : Charles ne
peut être proclamé roi. Cisneros n'est
pas entendu.
Le 14 mars, les obsèques du roi Ferdinand
sont célébrées à
Bruxelles dans l'église Sainte-Gudule. Avec
le cérémonial utilisé pour la
mort de Philippe le Beau. Michel de Pavye, doyen de
Cambrai, prononce l'oraison funèbre :
« Tous entrent dans cette danse macabre,
princes et rois, telle est la loi inexorable de
notre existence. Les sceptres et les couronnes sont
pulvérisés. N'oublions pas,
n'oublions jamais le sort qui menace ainsi nos
joies et nos fêtes, qui les change en larmes
et en plaintes (1). »
Comme nous, les hommes de la fin du Moyen Age sont
dominés par la peur de la mort. Ils
n'avancent pas vers leur mort, ils vivent avec leur
mort.
Devant Pavye, Charles se tient à genoux, en
vêtements de deuil. Le roi d'armes appelle
à haute voix : « Don Ferdinand »
et, trois fois, il reçoit la réponse
: « Il est mort. » L'étendard
royal d'Aragon est jeté à terre. Le
héraut encore : « Vivent doña
Juana et don Carlos, les Rois Catholiques ! »
Charles quitte son manteau de deuil, monte sur les
marches de l'autel, prend l'épée des
mains de l'évêque de Badajoz. Une
immense acclamation retentit : le voici roi
d'Aragon et de Castille, appelé à
régner conjointement avec sa
mère.
La cérémonie est ressentie en
Castille comme « un véritable coup
d'Etat (1) ». Placé devant le fait
accompli, le cardinal de Cisneros s'incline. Deux
gouvernements vont désormais se disputer le
pouvoir, l'un à Valladolid, l'autre à
Bruxelles.
Francisco Ximenez de Cisneros tient la Castille,
comme il l'a déjà portée
après la mort de Philippe le Beau (2). Il
appartient à l'ordre de
Saint-François ; sous sa pourpre, il porte
une robe de bure. La bure dément la pourpre
: « C'est le démenti que l'être
de sagesse doit porter sans cesse en soi. »
Cisneros méprise l'argent, au contraire de
Chièvres, mais non le pouvoir. Il montre
à tous son cordon de franciscain : «
une corde pour attirer à soi les
dignités, et pour étrangler ses
ennemis », écrit Montherlant (3). Le
goût du pouvoir et de
l'austérité. Charles lui ressemble,
bien qu'il ne l'ait jamais rencontré. Les
deux hommes partagent la même idée
abrupte du monde, éprouvent la même
tentation de la retraite. L'un et l'autre sont
mystiques et possèdent de grandes ressources
d'insensibilité.
Les décisions de Cisneros sont
désavouées par Bruxelles : les
candidats aux offices publics s'adressent
directement à Chièvres, qui vend les
charges au plus offrant. La dualité du
pouvoir paralyse l'Etat et nourrit la crise. Les
rivalités de clans surgissent à
nouveau, l'insécurité grandit dans
les campagnes de Castille. Le Conseil royal supplie
le roi de venir prendre ses fonctions ; à
Valladolid, on murmure que Charles ne quittera pas
les Pays-Bas. Les Cortes envisagent même de
se substituer au pouvoir royal défaillant
(4).
1. « Ce cabinet fort étroit
servait de latrines » (Alexandre Henne,
Histoire du règne de Charles Quint en
Belgique, tome I, p. 22).
1. Pour déterminer l'heure de naissance
de Charles Quint, je me suis
référé à Gerhard Dohrn
van Rossum, L'histoire de l'heure, l'horlogerie et
l'organisation moderne du temps.
2. C'est l'indication que donne Alexandre
Henne dans son Histoire du règne de Charles
Quint : quatre heures du matin (tome I, p. 23).
3. Jean Molinet, Chroniques, tome V, p.
124.
1. Eléonore est née à
Bruxelles le 30 novembre 1498.
2. Michelet, Renaissance et Réforme :
histoire de France au xvie siècle, p.
185.
3. Philippe Erlanger, Charles Quint, p.
27.
1. Royall Tyler, L'empereur Charles Quint, p.
6.
2. Karl Brandi, Charles Quint, p. 35.
3. Au xe siècle, le roi Ramiro d'Aragon
a un fils de la sur d'un roi maure. Au xve
siècle, Alphonse V est appelé «
Adfunch-Ibn-Barbariya », c'est-à-dire
le fils de la femme berbère. Dans son
Nobiliario imprimé en 1640, Pedro de
Barcelos, fondateur de la généalogie
espagnole, mentionne aussi, parmi les
ancêtres de Charles Quint, un collecteur
d'impôts d'origine juive, Ruy Capon, dont la
fille épousa Gonzalo Paez de Tavera.
4. Pierre Chaunu, L'Espagne de Charles Quint,
tome II, p. 363.
1. Bertrand Schnerb vient de consacrer un beau
livre à l'Etat bourguignon, dont le souvenir
berça l'enfance de Charles Quint. «
L'Etat bourguignon, écrit-il, a bien
existé aux xive et xve siècles.
» Démembré à la mort du
Téméraire, il subsiste encore au
début du xvie siècle (Bertrand
Schnerb, L'Etat bourguignon, p. 8).
2. Peter Lahnstein, Dans les pas de Charles
Quint, p. 36.
1. Joseph Pérez, Isabelle et Ferdinand,
rois catholiques d'Espagne, p. 301. Vicente de
Cadenas y Vicent, Diario del emperador Carlos V, p.
52.
1. Henri de Montherlant, Le Cardinal
d'Espagne, acte II, scène III.
2. Joseph Pérez, La révolution
des Comunidades de Castille, p. 81.
3. Malines, située entre Bruxelles et
Anvers, a été, sous les ducs de
Bourgogne, la capitale administrative et judiciaire
des Pays-Bas. Charles le Téméraire y
créa en 1473 le Grand Conseil et sa veuve,
Marguerite d'York, y résida jusqu'à
sa mort.
1. G. Dansaert, Guillaume de
Croy-Chièvres, dit Le Sage, p. 93.
2. Adrien Floriszoon est né en 1459
dans une vieille famille d'Utrecht tombée
dans la misère. Son père est
manuvre selon les uns, brasseur selon les
autres. Sa mère est lavandière.
3. Karl Brandi, Charles Quint, p. 40.
1. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint en Belgique, tome II, p. 82.
Charles Quint « s'exerce assidûment sur
le clavicordium » sous la conduite d'un grand
organiste flamand, Henri Bredemers (Edmond Vander
Straeten, Les musiciens néerlandais en
Espagne, p. 199). Il joue aussi de la viole.
2. André Le Glay, Correspondance de
l'empereur Maximilien Ier et de Marguerite
d'Autriche, tome I, Lettre d'Innsbruck du 20
septembre 1507, p. 12-13.
3. Elle est née à Bruxelles le
10 janvier 1480.
1. M. Bruchet et E. Lancien,
L'itinéraire de Marguerite d'Autriche,
gouvernante des Pays-Bas.
1. Philippe a souhaité que son corps
soit inhumé à Grenade, mais que son
cur soit déposé à
Bruges, à côté du tombeau de sa
mère.
2. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint en Belgique, tome I, p.
140-142.
3. Michelet, Renaissance et Réforme :
histoire de France au xvie siècle, p.
188.
4. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint, tome II, p. 86.
1. Jean-Pierre Soisson, Charles le
Téméraire, p. 133-134.
2. Lettre d'Augsbourg de février 1509
publiée par Le Glay, Correspondance, tome I,
p. 241-242.
3. Lettre de mai 1513 publiée par Le
Glay, Correspondance, tome II, p. 155-156.
1. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint, tome II, p. 82.
2. Ambassadeur à Rome, il sera
l'artisan du rapprochement entre Charles Quint et
Clément VII.
1. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint, tome II, p. 12.
2. Louis-Prosper Gachard, Itinéraire de
Charles Quint, Collection des voyages des
souverains des Pays-Bas, tome II, p. 10.
3. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint, tome II, p. 49.
1. Charles Terlinden, Charles Quint, empereur
des Deux Mondes, p. 28.
2. Brantôme, Recueil des Dames, La
Pléiade, tome II, p. 509-510.
1. Sa description introduit le journal que
Jean de Vandenesse a consacré à la
vie de Charles Quint (Voyages des souverains des
Pays-Bas, tome II).
2. Alexandre Henne, Histoire du règne
de Charles Quint, tome II, p. 97.
3. Louis-Prosper Gachard a publié le
récit de ses « joyeuses entrées
» (Voyages des souverains des Pays-Bas, tome
II, p. 519-558).
1. Joseph Pérez, La révolution
des Comunidades de Castille, p. 84.
2. Ximenez est le patronyme du cardinal,
Cisneros son nom de terre. Jusqu'au xixe
siècle, on ne l'a appelé que Ximenez.
Aujourd'hui, les Espagnols ne l'appellent que
Cisneros.
3. Montherlant, Le Cardinal d'Espagne, acte I,
scène I.
4. Joseph Pérez, La révolution
des Comunidades de Castille, p. 112.
1. Georges Minois, Henri VIII, p. 137.
1. Louis-Prosper Gachard et Charles Piot,
Collection des voyages des souverains des Pays-Bas,
tome III, Premier voyage de Charles Quint en
Espagne, par Laurent Vital.
1. Karl Brandi, Charles Quint, p. 54.
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