Premiers chapitres
Pierre Burlaud
Danube-Rhapsodie
Images, mythes et représentations
essai

Pierre Burlaud enseigne en classes préparatoires HEC au lycée Madame de Staël à Montluçon et à l'IUFM de Clermont-Ferrand.

 

CHAPITRE 1
 UN PARTHÉNON SUR LE DANUBE
 Le rêve grec de Louis Ier de Bavière

LES BALKANS, LES TURCS ET L'EUROPE

En 1815, au congrès de Vienne, les Balkans, comme le Danube, occupent peu de place dans les discussions, l'Empire ottoman n'étant pas présent au rassemblement des dynasties. L'ensemble de la région reste sous la domination turque, le Danube et la Save demeurant, depuis la Paix de Belgrade en 1739, fleuves-frontières du Dar el Islam. Dans les Etats vassaux que traverse le Danube, en Valachie ou Moldavie, les boyards, propriétaires des terres, sont des nobles roumains, ils recrutent eux-mêmes des Grecs phanariotes12, dont l'armée se contente d'assurer ordre intérieur et paiement du tribut. Corruption, fraude et contrebande donnent naissance à la figure mythique du Haïdouk, brigand transformé plus tard dans l'imagerie populaire en résistant. Les paysans, eux, sont attachés à la terre, soumis à la corvée. L'Etat est un système d'oppression essentiellement fiscale.
 
Cependant, dans cet État théocratique, refusant de par sa structure même l'Aufklärung et la Révolution, les Balkans ottomans deviennent une zone d'arriération culturelle et d'économie semi-coloniale. La dégénérescence de l'Etat « qui pourrit par la tête », et les pratiques de corruption auxquelles se joignent les guerres diverses et le chaos économique, expliquent longtemps la noirceur des récits de nombreux voyageurs européens.
 
Dans la seconde moitié du xviiie siècle, l'intérêt pour les grands voyages d'exploration, les rêveries exotiques sur les peuples plus ou moins sauvages, et les expériences directes des commerçants de Marseille, Londres ou Amsterdam nuancent cette vision. Bientôt, le Bonaparte de la campagne d'Egypte et le Napoléon de Tilsit vont ajouter leur touche de fascination romantique à la notion d'« Orient ».
 
NAISSANCE DU MYTHE GREC
Le mythe romantique de la Grèce, qui se constitue dans les dernières décennies du xviiie siècle, est fondé, selon Jacques Lacarrière, sur deux mirages, les ruines et le folklore : « En Occident, dès le xviiie siècle, la mode est aux ruines. En peinture avant tout13. » Les artistes expriment une atmosphère, et transmettent à travers elle un message : selon le cas, celui de la fragilité et de la décadence des empires ou au contraire celui de la pérennité des œuvres humaines face au Temps.
Au milieu du xviiie siècle, le génie grec devient canon de la création artistique : Winckelmann, premier historien de l'art au sens actuel, affirme que « le goût est né sous le ciel de Grèce ». En plein rococo, il crée les maîtres mots d'un nouveau classicisme : force et beauté, passion maîtrisée, noble unité du corps et de l'esprit dans la pureté culturelle. Ainsi commence le processus d'idéalisation de l'Age d'Or.
Au début du xixe siècle, le goût grec inspire art, littérature, mobilier, art décoratif, vêtements et jusqu'à la coiffure et l'art du maquillage. On vit une période de grécomanie.
Le poète Hölderlin fait, lui, renaître le passé mythique d'une Asie, d'un Orient, d'une Grèce qui un jour revivra en Allemagne. Les fleuves, au premier rang desquels le Danube, sont vecteurs de ses voyages poétiques, de la patrie allemande à l'Orient lointain - sur les traces de la migration des ancêtres, qui ont là-bas rencontré les fils du soleil.
Au début de l'ère romantique, la Grèce est devenue le rendez-vous à la mode pour touristes cultivés de toutes nationalités. Le voyage en Grèce et l'étude détaillée des vestiges de ses monuments deviennent une étape indispensable de l'architecte néoclassique.
 
En Bavière, le prince héritier des Wittelsbach, élevé par des prêtres imbus d'absolutisme royal, ne semble guère préparé à l'amour du Beau antique. Mais l'époque est favorable à l'achat d'œuvres d'art, grâce à l'occupation française ; le futur monarque, qui avait découvert les charmes fluides d'un marbre « digne de l'antique » à Venise14, fait des acquisitions à Rome, puis envoie son agent Martin von Wagner acheter les frontons du temple d'Egine, récemment découvert par des archéologues amateurs.
Le prince héritier agrandit sa collection d'œuvres antiques. Il commande à son architecte favori Leo von Klenze ce qui doit être le plus beau musée de sculptures d'Europe : la Glyptothèque. Munich se couvre de musées dans le style néoclassique, voire néogrec, dont Klenze est le pape. L'architecte reconstruit également deux ailes de la Résidence. A son retour d'Athènes, où il a créé enfin des zones archéologiques protégées et entamé la restauration du Parthénon, il obtient la finition de la Königsplatz : propylées, colonnes doriques, tours de guet expriment la vision en vogue en Allemagne du Sud d'une Grèce forte et austère où beauté artistique rime avec rigueur militaire. L'époque préfère les ensembles symboliques à l'authenticité archéologique.
 
L'IRRUPTION DE LA GRÈCE HABITÉE
A la fin du xviiie siècle, l'extension du négoce entraîne le développement des communautés de la diaspora grecque dans tous les principaux centres d'échange d'Europe occidentale : Vienne, Marseille, Trieste, Odessa, Budapest, etc. Les Européens reconsidèrent à leur contact leur vision de la Grèce.
Dès 1797-1799, l'Hyperion de Hölderlin constituait un éloge dithyrambique de la Grèce antique, mais aussi un éloquent plaidoyer pour une renaissance politique. Très tôt, certains récits de voyage avaient mis en parallèle coutumes d'hier et d'aujourd'hui. Au xixe siècle, le comte hongrois Etienne Széchenyi, un des rares hommes politiques d'Europe centrale à visiter la Grèce, envoie des rapports enthousiastes sur les écoles de Ioannina et de Chio. Dans L'Itinéraire de Paris à Jérusalem, récit de voyage en Orient paru en 1811, Chateaubriand souligne, lui, la décadence pathétique du pays :
« A peine quelques cris, échappés à une populace esclave, sortaient par intervalles de ces murs qui retentirent si longtemps de la voix d'un peuple libre. »
La mauvaise conscience de l'Europe éveillée, l'idée se forme d'une dette envers la Grèce : l'Occident, qui lui doit sa culture, est redevable aux Grecs d'une aide dans la lutte pour l'émancipation, face aux Turcs. Une décennie après que Byron, en 1812, lui a dépeint les malheurs de la Grèce moderne dans Pèlerinage de Childe Harold, l'opinion européenne ne voit plus seulement en ce pays martyrisé la demeure éthérée des muses.
La révolte grecque va susciter en Europe un mouvement puissant de solidarité et de compassion. Alors même qu'est démenti sur place le concept d'une fraternité révolutionnaire internationale, les images de souffrances, les massacres de Chio, la mort de Byron, la destruction de Missolonghi émeuvent les opinions et conduisent à une intervention internationale qui va sauver les insurgés. Les notions de liberté et d'émancipation - programme d'action pour les révolutionnaires romantiques de tous les pays - s'expriment dans le Philhellénisme. Un grand nombre d'Européens se portent volontaires pour lutter aux côtés des Grecs. Cette foule de sympathisants se compose de réfugiés politiques, de soldats licenciés, de mercenaires, de révolutionnaires professionnels, d'étudiants en rupture de ban, de romantiques et d'aventuriers de tout poil. Quelques mois après les massacres de Chio, le bataillon des Philhellènes se constitue et la Légion allemande arrive en Grèce.
Dans le Philhellénisme, la Bavière joue par l'intermédiaire de son souverain et de son opinion publique un rôle particulier : la Grèce nouvelle, encore revêtue au début du xixe siècle d'oripeaux turcs, va naître en tant qu'Etat sous des masques divers, empruntés à différents « protecteurs ». Elle connaîtra avec le roi Othon « l'enclave romantique de son histoire ». L'idée, exprimée par Louis de Bavière, est que « l'Europe a une dette énorme envers la Grèce... C'est à elle que nous devons les Arts et les Sciences ». Des artistes s'engagent : auteur de portraits de combattants grecs, le dessinateur Karl Krazeisen part en Grèce enrôlé comme simple soldat dans ce bataillon.
Après la bataille de Navarin, et la paix d'Andrinople, qui consacre l'influence russe dans les principautés danubiennes, la Porte est contrainte à la négociation. Le 3 février 1830, un Etat grec est créé, encore vassal du Sultan par le paiement d'un tribut, dont le gouvernement échoit à un prince choisi par les trois puissances signatrices du traité de Londres.
Le 6 février 1833, Otto de Bavière, second fils de Louis Ier, débarque en Grèce, assisté de trois régents15 et de son précepteur. Il doit devenir roi à sa majorité, en 1835.
 
LA GRÈCE DU ROI OTHON (1833-1862)
Le rêve grec des Wittelsbach se réalise : Louis Ier de Bavière, parallèlement à son programme de construction néogrecque à Munich, installe donc son fils, âgé de dix-sept ans, dans sa résidence d'Athènes.
La Grèce indépendante compte 50 000 kilomètres carrés, et 800 000 habitants. Othon, lui, connaît les Philhellènes romantiques de Bavière, mais ignore tout de ce pays. Le Conseil de Régence est dirigé par un juriste de réputation libérale, le comte Joseph von Armansberg (1787-1853). Débarquent aussi 3500 soldats bavarois et des fonctionnaires. La volonté d'empreinte culturelle est affirmée : une des premières réalisations du jeune roi est le Département archéologique gouvernemental. En août 1834 commence la symbolique restauration du Parthénon. C'est Leo von Klenze16 qui dirigera les premiers travaux. De nombreux architectes allemands arrivent et dessinent des projets. Schaubert et Kleanthis dressent un plan grandiose pour la nouvelle Athènes, par la suite simplifié par von Klenze. On veut transformer Athènes détruite en capitale européenne. Karl Friedrich Schinkel soumet à Othon le projet spectaculaire d'un palais royal sur l'Acropole. Les Bavarois édifient l'Académie, l'Université, la Bibliothèque nationale, l'Hôpital militaire, le Musée archéologique, l'Ecole des Beaux-Arts.
Mais l'Etat et l'administration restent étrangers au peuple grec. Quand le roi épouse Amalia de Oldenburg, princesse protestante, les Grecs l'apprennent par la presse européenne ! La Grèce d'Othon est une étrange création, faite de mythes, de dures confrontations à la réalité, d'interventions des puissances, qui empêchent le roi de devenir populaire. Ne fut-elle donc qu'un Etat-croupion ?
Dans La Grèce contemporaine, Edmond About (1854), membre de l'Institut, écrit :
« Le Roi et la reine sont restés allemands ; ils aiment la Grèce comme on aime une propriété. »
En 1862, une révolte de garnison chasse Othon. Il rentre en Bavière, refusant d'abdiquer, et mourra à Bamberg cinq ans plus tard.
 
LOUIS Ier, LA GRÈCE ET LE DANUBE

Lorsque Othon rentre en Bavière, son père a depuis longtemps quitté le trône, sous l'effet du scandale Lola Montès. Il n'empêche : le rêve grec a marqué puissamment l'histoire de son règne, tant par la transformation de Munich que par l'engagement philhellène et la marque politique et culturelle imprimée à la capitale du nouvel Etat grec.
Présent en Bavière et en Grèce, construisant Munich à l'image d'Athènes, en souhaitant faire d'Athènes une capitale à l'allemande, le souverain Wittelsbach tentait en fait de restaurer la liaison mythique Occident-Orient, empruntant le chemin des Muses d'Hölderlin, la Germanie nourrissait la Grèce, sa terre nourricière originelle, pour devenir elle-même Hellade des temps modernes - à une époque traversée par les romantismes et les nationalismes, avide de relier traditions, racines et modernisme, prête à enflammer les mythes anciens, revisités à l'aune du modernisme économique, puis de la cacophonie idéologique de grandes puissances en concurrence.
 
Voie de pénétration vers l'Orient, on sait de quel espoir le Danube fut porteur pendant quelques décennies, à l'époque de la création de la navigation à vapeur. La DDSG, compagnie de navigation par excellence de l'Empire des Habsbourg, était, dans les années 1830-1840, présente sur un axe Vienne - mer Noire - vers Constantinople. Pour relier la Bavière, la Germanie, l'Europe occidentale à cet axe, il fallait une jonction. Onze ans après son accession au trône, Louis Ier fit débuter la construction d'un canal de jonction qui devait ouvrir, en 1843, le Main au Danube. Ainsi reprenait-il, des siècles après Charlemagne, la perspective mythique fascinante d'une liaison Occident-Orient par les eaux du Rhin, du Main et du Danube. La réalisation du vieux rêve est hélas trop tardive. Le chemin de fer aura vite raison de la voie fluviale17. « La Grande Idée » avait tant de retard sur l'économique, qu'il ne restera rien du canal. Mais l'idée demeure et resurgira au xxe siècle.
Au bord du Danube, en revanche, deux temples colossaux surplombent encore le fleuve, témoignages architecturaux de sa volonté, ils ont survécu à leur monarque. Mais la longue histoire de leur édification n'est pas exempte d'amère ironie. Mêlés tous deux au rêve grec, certes, ils illustrent pourtant de leurs marbres et de leur statuaire un mélange idéologique autrement complexe et confus qu'une vision de l'Hellade en Allemagne surplombant le fleuve d'Hölderlin : passion pour la Grèce, mais aussi emphase mythologique germanique, mégalomanie, romantisme, nationalisme, cosmopolitisme libérateur, mythologie germanique, panthéon de l'esprit allemand... tout cela est résumé dans ces deux sanctuaires : la Befreiungshalle et le Walhalla.
 
A 26 kilomètres en amont de Ratisbonne, près de Kelheim, le prince, après un voyage dans la Grèce d'Othon en 1836, confie à Friedrich Gärtner, puis à Leo von Klenze, la réalisation d'un temple circulaire de 60 mètres de hauteur sur le Michelsberg, plus de 100 mètres au-dessus de la fameuse trouée ; 18 piliers, 18 statues, une galerie de 54 colonnes et autour du toit, 18 pilastres. Chiffre repris à l'intérieur du temple, qui contient 18 niches, et 36 piliers soutenant le dôme colossal. La signification de ce leitmotiv numérique ? Ce temple de la libération (allemande), monument de patriotisme, exalte les victoires sur Napoléon, le 18 octobre 1813 à Leipzig et le 18 juin 1815 à Waterloo. Etrange impression : dans cette orgie de marbre, des déesses victorieuses ailées, se tenant gracieusement par la main, ont un air d'anges de la paix. Les 34 déesses sont de Ludwig Schwantaler, qui créa à Athènes la frise du Palais royal. Les stèles et pilastres personnifient les peuples allemands, qui prirent part aux combats contre Napoléon - au sein desquels, rappelle malicieusement Magris, pour qui le temple ressemble à s'y méprendre à un gazomètre, on compte aussi « les Moraves et les Bohémiens18 ».
Lorsque le temple fut inauguré, le 18 octobre 1863, le souverain avait dû quitter son trône malmené par les mouvements de 1848 et sa passion dévastatrice pour Lola Montès19, après avoir payé de ses propres deniers la fin de la construction.
Gloire pompeuse et funèbre, terminée à une époque où la flamme nationaliste allemande est récupérée par la Prusse, auquel certes la Bavière résista, mais qui fit l'unité contre le libéralisme des années de Stein et de Humboldt.
A l'époque de l'inauguration, l'engouement romantique pour la Grèce n'est plus qu'un lointain souvenir. Plus tard encore, en 1913, eut lieu à la Befreiungshalle une fête nationaliste, à l'invitation du prince régent Ludwig, futur - dernier - roi de Bavière sous le nom de Louis III. Une dernière fois, avant que la Guerre mondiale ne balaie l'Empereur et le Reich, rois, princes et grands-ducs se retrouvèrent pour un banquet fortement teinté de propagande pangermaniste, célébrant les vertus prussiennes. Les discours oublièrent que l'issue de la bataille de Leipzig, longtemps incertaine, était à mettre surtout à l'actif des troupes autrichiennes et russes !
 
Onze kilomètres à l'est de Ratisbonne, cent mètres aussi au-dessus du fleuve, le père du premier roi de Grèce avait, avant de penser à la Befreiungshalle, édifié un Parthénon des Allemands à Donaustauf. Construit d'après les plans de Leo von Klenze de 1830 à 1842, fortement inspiré du Parthénon d'Athènes, dominant « le ruban brillant qui conduit vers l'Orient », le Walhalla 20 est en fait un panthéon, qu'on atteint au bout de 358 marches : 161 grands hommes de la culture et de la politique y possèdent un buste ou une plaque. Des rois, des princes, des maréchaux, mais aussi des poètes, des penseurs et des compositeurs. Comme la Befreiungshalle, le Walhalla est en relation directe avec la gloire des héros morts. La débauche de marbre aurait-elle eu pour Louis Ier une fonction compensatoire, cathartique, contribuait-elle à surmonter un passé mal résolu ? La Bavière, alliée de Napoléon, avait en effet changé de camp au dernier instant.
Les dimensions intérieures de l'édifice dorique correspondent presque exactement à celles du Parthénon Le promoteur royal y a droit, lui, à une statue en pied, assis sur son trône en toge d'Imperator, au milieu de ce musée de figures de cire. « Ce temple grec blanchâtre au nom de mythe nordique », écrit Claudio Magris, « symbolise le rêve de symbiose entre la Grèce et l'Allemagne504 ».
En fait, élément du rêve grec du souverain Wittelsbach, symbole aussi d'un rêve réalisé trop tard dans l'Histoire et transformé, sitôt construit en des temps agités, en monument à la gloire de l'Allemagne sur le chemin de son unité, le Walhalla reste un panthéon, bien loin du rêve de Hölderlin, qui voulait ouvrir au monde entier une « utopie de liberté et de rédemption ». Les nazis au pouvoir organisèrent au Walhalla une mise en scène cinématographique soignée pour l'inauguration du buste d'Anton Bruckner ; Goebbels y célébra devant Hitler la communauté de l'Allemagne et de l'Autriche et installa au panthéon germanique le génie du musicien.
Il n'est pas impossible, pour qui le souhaite, d'entrer aujourd'hui encore dans ce « cimetière de crânes en marbre », comme le nommait ironiquement Heine. Le roi en a même fait le souhait dans un testament. Son exécuteur testamentaire, le gouvernement bavarois, est intervenu neuf fois depuis 1945 pour en compléter la galerie de grands hommes.

12. Le Phanar est le quartier grec de Constantinople où demeure le patriarche.
13. Jacques Lacarriere, Introduction à Fani-Maria Tsagikou, La Grèce retrouvée, Seghers.
14. L'Hébé de Canova.
15. Le comte Joseph von Armansberg, le professeur Ludwig von Maurer et le général Wilhelm Freiherr von Heydeck (1788-1861) qui avait dirigé en 1826 l'équipe de conseillers militaires envoyés par Louis Ier pour former l'armée grecque. (Tableaux à la Neue Pinakothek de Munich et à Athènes.)
16. Leo von Klenze (1784-1864), architecte de Jérôme Bonaparte, roi de Naples, laisse de côté le gothique, trouve les formes du classicisme plus riches, correspondant aux idées nationales allemandes de l'époque. Il construira le Walhalla dans un style purement grec. Supplanté à la cour de Louis Ier, alors qu'il souhaitait comme son souverain faire de Munich une ville d'art symbiose d'antiquité et de modernité.
17. Voir chapitre Le Rêve de Charlemagne.
18. Claudio Magris, Danube, p. 122.
19. Maria Dolores Eliza Gilbert, dite Lola Montès, aventurière irlandaise (1818-1861) ; danseuse « espagnole » à Londres en 1841, elle vient en Bavière et séduit Louis Ier. Son influence politique provoque l'insurrection de février 1848 et l'abdication du roi le 20 mars 1848.
20. Walhalla, dans la mythologie nordique, domaine céleste d'Odin et séjour des héros morts au combat.
504. Claudio Magris, op. cit., p. 123.



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