MARIE
BALMARY
Abel ou la traversée de
l'Éden essai
Marie Balmary est psychanalyste. Elle
est l'auteur de trois essais : L'Homme
aux statues (Grasset, 1979), Le Sacrifice
interdit (Grasset, 1986), La Divine
Origine (Grasset, 1993).
Illustration : Paysage avec
Jerôme, détail, par Joachim
Patinir. © Musée du
Pardo
Chapitre 1
DU DROIT DES PEUPLES À DÉSIRER
DAVANTAGE
A la recherche de connaissances
cachées
epuis
bien des années, en effet, je m'étais
mise en quête de nos origines à nous,
êtres parlants. Et j'avais constaté,
instruite par les savants eux-mêmes, que la
science, qui peut tant nous apprendre sur les
origines de la matière et de la vie, ne peut
rien nous dire sur les origines de
l'humanité en tant
qu'humanité. Elle nous parle bien des
objets de ce monde, qu'ils soient vivants ou
inanimés, mais elle ne peut nous faire
découvrir comment la parole nous est venue
au commencement, ni comment chaque être
humain en vient à se lever, comment il
trouve accès, en tant qu'être qui dit
" Je ", à cet autre monde, invisible, celui
de l'esprit.
Je me suis donc tournée vers d'autres
sources que les données objectives de la
science, vers d'autres formes de connaissance qui
ne fournissent pas un savoir clair sur des faits ou
des phénomènes, mais qui apportent
sur l'être humain des connaissances non
objectives, connaissances " cachées " qui
doivent être comprises par une autre forme de
raison et soumises, non pas à
l'expérimentation comme faits scientifiques,
mais à l'interprétation comme faits
symboliques. Deux de ces sources de connaissance
m'intéressent particulièrement pour
étudier nos origines : les mythes fondateurs
de nos cultures, d'une part, et, d'autre part, la
parole inconsciente en l'homme que l'on entend dans
les rêves, les symptômes, les actes
manqués...
Je suis partie de l'hypothèse suivante,
partagée par bien des psychanalystes
à la suite de Freud : la parole originaire
de l'humanité conservée dans les
mythes et les Ecritures, et la parole inconsciente
enfouie dans la mémoire de chaque homme, ces
paroles, toutes deux mystérieuses et
demandant à être
interprétées, devaient pouvoir
être entendues et déchiffrées
de la même façon. Qu'elles seraient
éclairées l'une par l'autre pour peu
qu'on les puisse entendre toujours dans leur
langue, au plus près de leur lettre, dans
l'écoute attentive et sans a priori qui
permet de déchiffrer un rêve, de
traduire un symptôme.
Ces mythes, ces récits des origines, qui
n'offraient plus selon notre culture aucune
information sur la création du monde
physique (et on avait pu à cause de cela les
juger obscurs et dépassés),
m'apparurent d'une richesse inégalée
pour révéler les origines d'un autre
monde ; disons, pour le moment, le monde
humain.
Par l'expérience de la psychanalyse aussi
bien que par la lecture du texte biblique, je
trouvais la même évidence :
- Il n'y a pas d'objet " homme " dans le monde
; il y a bien, dans la Genèse, un être
appelé Adam, le terrien, mais il n'y a pas
d'" espèce humaine " comme il y a des
espèces animales ; l'homme - je veux dire "
l'homme-et-la-femme " - n'est pas un fait de la
nature, il n'apparaît, selon la Genèse
comme dans la vie humaine, que par leur
rencontre.
- L'homme - homme et femme - n'est pas un
objet qui existe mais un sujet qui advient. Il
advient peu à peu, dès le
début et tout au long de sa vie, dans un
autre monde - situé pourtant dans ce
monde-ci - que nous, nous appelons " culture ",
où les objets du premier monde (la nature)
sont utilisés, transformés,
multipliés, et servent aux relations et aux
échanges entre les hommes selon les
alliances, ou les luttes, qu'ils instaurent entre
eux.
C'est donc une nouvelle question, immense,
certes, mais inévitable, que j'entends poser
en tant que chercheur à nos écrits
fondateurs comme à nos rêves :
- comment la mort nous est-elle arrivée
? comment nous sommes-nous raconté la mort
?
- et puis, quelle mort ? y a-t-il une seule
mort, y en a-t-il plusieurs ?
- la mort est-elle définitive ou
pouvons-nous la traverser ?
- pouvons-nous accéder, nous, les seuls
vivants à nous savoir mortels, pouvons-nous
accéder à une vie sans mort ?
pouvons-nous accéder à la gloire des
dieux ?
Y a-t-il une seule culture qui ne se soit
posé ces questions ? Pourtant, la recherche
que j'entreprends ne va pas de soi. Je voudrais
attirer l'attention du lecteur sur l'obstacle qu'il
va nous falloir franchir pour aller explorer ce
champ-là, au-delà des
frontières officielles de la culture dans
laquelle, le lecteur et moi, probablement, nous
nous trouvons.
Les droits de l'homme et la disparition des
dieux
Bien des fois dans l'histoire des civilisations,
des hommes ont mis en procès les dieux et
leur ont refusé l'existence. Mais ces hommes
se trouvaient seulement, chacun, en rupture avec
les croyances des autres, ils ne formaient pas un
nouveau peuple, ne fondaient pas une nouvelle
culture.
Depuis deux siècles, chez nous, Occidentaux,
il en va autrement. C'est toute une civilisation
qui a mis les dieux en procès et les dieux,
apparemment, ont perdu ; plus ou moins, selon les
peuples ; même si des institutions
religieuses demeurent, même si des
enseignements se transmettent et des rituels se
pratiquent toujours...
En Occident, culture d'abord fondée sur la
croyance en un dieu unique, ce dieu serait mort.
Cela a été dit de bien des
façons. Une des illustrations possibles de
cette mort du dieu, et qui me frappe
particulièrement au début de cette
recherche, est le statut de la présence
divine dans un texte devenu texte fondateur : je
veux parler de la Déclaration des droits de
l'homme. J'en ai suivi l'évolution dans ses
versions successives depuis son origine au
dix-huitième siècle jusqu'à
nos jours.
La Déclaration d'indépendance
américaine (Philadelphie, 4 juillet 1776),
première formulation des droits de l'homme
:
considère comme
des vérités évidentes par
elles-mêmes que les hommes naissent
égaux ; que leur Créateur les a
dotés de certains droits
inaliénables, parmi lesquels sont la vie,
la liberté, la recherche du bonheur ; que
les gouvernements humains ont été
institués pour garantir ces
droits.
Dans cette déclaration, les droits de
l'homme sont ceux que lui a donnés le
Créateur. Ils sont appelés "
droits inaliénables ". Moins de vingt ans
plus tard, en France, la première
Déclaration des droits de l'homme et du
citoyen du 26 août 17891 commence
ainsi :
Les
représentants du Peuple français,
constitués en Assemblée nationale,
considérant que l'ignorance, l'oubli ou
le mépris des droits de l'homme sont les
seules causes des malheurs publics et de la
corruption des gouvernements, ont résolu
d'exposer dans une Déclaration solennelle
les droits naturels, inaliénables et
sacrés de l'homme [...].
En conséquence, l'Assemblée
nationale reconnaît et déclare, en
présence et sous les auspices de l'Etre
suprême, les droits suivants de l'homme et
du citoyen...
Le Créateur, dieu de la
révélation biblique, donateur des
droits dans la déclaration de Philadelphie,
a maintenant disparu. A sa place, l'Etre
suprême, entité philosophique, non
engagée dans l'histoire. Il n'est plus fait
référence à un don divin aux
humains, comme dans la déclaration
américaine. Cette fois, ce sont les hommes
eux-mêmes, réunis en Assemblée,
qui seuls déclarent les droits. Cependant,
ils le font en présence d'un grand
témoin, l'Etre suprême, présent
à la façon des divinités
romaines (" sous les auspices de... ") pour
garantir ces droits. Si le nom du dieu est ici
moins précisé qu'en Amérique,
les droits de l'homme le sont, eux, davantage. Ils
n'étaient qu'" inaliénables "
lorsqu'ils étaient garantis par le
Créateur, ils sont maintenant, sous les
auspices de l'Etre suprême, droits "
naturels, inaliénables et sacrés
" 2.
Ces droits seront encore appelés "
inaliénables et sacrés " dans la
Constitution française d'octobre 1946. Je
lis dans son préambule :
Au lendemain de la
victoire remportée par les peuples libres
sur les régimes qui ont tenté
d'asservir et de dégrader la personne
humaine, le peuple français proclame
à nouveau que tout être humain,
sans distinction de race, de religion ni de
croyance, possède des droits
inaliénables et sacrés. Il
réaffirme solennellement les droits et
les libertés de l'homme et du citoyen
consacrés par la Déclaration des
droits de 1789 et les principes fondamentaux
reconnus par les lois de la
République...
La référence à la
première déclaration qui " consacrait
" les droits est faite ici très
explicitement, sans rien en retirer. L'Etre
suprême doit donc se trouver dans le lot,
mais il n'est plus nommé désormais.
Le nom de l'Autre divin a disparu du texte qui
consacrait les droits humains, texte qui fonde la
vie commune de la nation française.
Pourquoi ? Il y aurait bien des voies pour
répondre à cette question et il y
faudrait bien des compétences. Mais chacun
peut se la poser. Ce texte est daté :
octobre 1946, juste après la Deuxième
Guerre mondiale. Il me vient une première
image : " Gott mit uns " - Dieu avec nous -
gravé sur les ceinturons des armées
nazies... Tandis qu'on était
déporté et anéanti si l'on
appelait ce dieu unique par son nom, YHWH Elohim,
le premier pourtant qu'on lui eût connu dans
l'histoire. Comment inscrire en préambule
à une déclaration des droits le nom
d'un dieu à la fois au nom duquel et
à cause duquel ces droits ont
été si affreusement bafoués
?
Les droits de l'homme et le plus haut
désir humain
J'en arrive à la Déclaration
universelle des droits de l'homme, deux ans plus
tard. Déclaration mondiale, adoptée
par l'Assemblée générale des
Nations unies le 10 décembre
19483. Ainsi commence le
préambule :
Considérant que
la reconnaissance de la dignité
inhérente à tous les membres de la
famille humaine et de leurs droits égaux
et inaliénables constitue le fondement de
la liberté, de la justice et de la paix
dans le monde...
Je m'arrête pour réfléchir
à ce que je lis : il y a, pour cette
Déclaration universelle, une " famille
humaine " ; une famille, cela implique père,
mère, frères, surs... Rien dans
le texte ne me donne à comprendre comment,
en quoi, l'humanité est une famille,
composée de différentes
générations. A vrai dire, je ne vois
ici et dans la suite du texte qu'une
communauté d'égaux ayant tous des
droits égaux - non une famille où
certains sont engendrés par d'autres, ni
jusqu'à maintenant une fratrie
engendrée par les mêmes
géniteurs.
Aucune présence divine, aucun grand
témoin hors monde n'est ici invoqué.
Est-ce parce que cette déclaration est
universelle et a vocation, en 1948 pour la
première fois dans l'histoire, à
rassembler toutes les nations et cultures de la
terre ? Ce silence peut tout à fait se
comprendre alors. A condition qu'il se maintienne
jusqu'au bout.
Dans ce texte, une seule instance :
l'humanité. Le fondement de la
liberté, de la justice... c'est la "
reconnaissance de la dignité
inhérente à tous les membres de la
famille humaine et de leurs droits égaux et
inaliénables " ; ce fondement, c'est donc la
reconnaissance de l'homme par l'homme... Je
continue ma lecture :
Considérant que
la méconnaissance et le mépris des
droits de l'homme ont conduit à des actes
de barbarie qui révoltent la conscience
de l'humanité et que l'avènement
d'un monde où les êtres humains
seront libres de parler et de croire,
libérés de la terreur et de la
misère, a été
proclamé comme la plus haute aspiration
de l'homme...
Voici du nouveau et qui me laisse
étonnée. Qu'il n'y ait pas de
présence ni d'origine divines posées
au principe de la Déclaration universelle,
mais une sorte de parenté des hommes
évoquée par l'expression " la famille
humaine ", cela peut se comprendre comme le respect
dû à toutes les croyances, la
laïcité bien observée. Mais ce
que je viens de lire est d'un tout autre ordre.
Ce n'est pas une omission discrète, cette
fois, c'est une proclamation ; une proclamation qui
aurait été faite ( ?) concernant
quelque chose de particulièrement essentiel
à l'homme - la recherche psychanalytique le
confirme sans cesse -, cette chose, c'est le
désir. Voici qu'il est question ici du
sommet du désir humain4.
Où donc, quand donc, qui donc s'est cru
autorisé à proclamer ainsi " la plus
haute aspiration de l'homme " ? On l'ignore encore,
le verbe est au passif : " ... a été
proclamée comme la plus haute aspiration...
". Pas d'auteur. Mystère.
Laissant sans réponse cette question, je
relis en remontant dans le texte ; quelle est cette
aspiration ? C'est " l'avènement d'un monde
où les êtres humains seront libres de
parler et de croire, libérés de la
terreur et de la misère ". Notre plus haute
aspiration serait donc " l'avènement d'un
monde " ?
D'abord, de quel monde s'agit-il ? Est-ce le
nôtre ? A première vue, cela ne lui
ressemble guère : depuis que notre monde
existe, les êtres humains y ont-ils jamais
été ainsi libérés ? Et
pourtant, ce ne peut être que le nôtre,
puisqu'on ne parle pas d'y être
délivrés de la mort. Certes, moi
aussi, je souhaite de tout mon cur que tous
les êtres humains soient libres de parler et
de croire, qu'ils ne subissent plus jamais terreur
ni misère. Et je souscris entièrement
à tout ce qui est proclamé dans cette
déclaration en matière de respect de
chacun des hommes.
Pas de ciel pour l'homme des droits
Seulement je m'interroge sur ce que je viens de
lire : est-ce vraiment la plus haute aspiration de
l'homme ? N'y a-t-il rien d'aspirable,
d'espérable au-delà, au-dessus du
monde ? Rien de plus haut à espérer
qu'un monde, meilleur certes, mais qui serait
encore ce monde ? Rien à désirer
ailleurs, auprès des dieux ou du dieu, comme
tant de générations dans toutes les
cultures l'ont désiré - et le
désirent encore ? Ou bien, cette aspiration
à parvenir à un autre séjour,
non de mortalité mais de gloire, cette
aspiration-là ne serait-elle pas, elle, "
l'aspiration la plus haute "... ?
Le même texte, la même phrase qui
espère pour moi comme pour tous un monde
où je serai libre de parler et de croire, me
referme le ciel sur la tête. En
définissant et proclamant ainsi le plus haut
du désir humain, la Déclaration des
droits de l'homme n'outrepasse-t-elle pas ses
droits ?
Mais j'ai lu trop vite sans doute, je reviens en
arrière. N'ai-je pas, au fil des mots, vu
passer le verbe " croire " ? " ... libres de parler
et de croire ", dit le texte. Libres de croire qui
? de croire quoi ? S'il n'y a que ce monde-ci, si
le plus haut de nos désirs d'humains est
enfermé ici en deçà de la
mort, qu'y a-t-il à " croire " ? Je continue
ma lecture pour voir à quoi le verbe "
croire " va pouvoir encore servir. Et je vois, deux
paragraphes plus bas :
Considérant que dans la Charte les peuples
des Nations unies ont proclamé à
nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de
l'homme...
" ... ont proclamé... leur foi ". Au
début de la Déclaration, la
liberté et la justice avaient pour fondement
la reconnaissance de la dignité et
des droits de l'homme. Maintenant les droits de
l'homme sont l'objet de la foi des peuples
des Nations unies, foi proclamée dans leur
Charte. Croire dans les droits fondamentaux de
l'homme... Reconnaître la dignité
de... La boucle est bouclée. Rien, pas
même la foi, ce mot qui introduisait
autrefois l'invisible et les dieux, n'est ici
extérieur à l'humain.
Certes, dans cette Déclaration comme dans
les précédentes, tous les " croire "
sont légitimes et nul ne doit être
inquiété à ce titre. A
l'article 18, il est écrit : " Toute
personne a droit à la liberté de
pensée, de conscience et de religion ; ce
droit implique la liberté de changer de
religion ou de conviction5... " On en
déduit que toutes les croyances, toutes les
religions sont respectées dans la
Déclaration des droits de l'homme. Oui, mais
que sont-elles alors ? La question se pose
fortement. Il semble que, pour l'homme des droits
de l'homme, les religions soient respectables...
à condition de ne plus être des
religions. Etant réduites à des
opinions privées, elles n'ont plus leur
place de fondations pour l'humain, elles ne sont
plus des voies pour devenir homme.
Que valent-elles, désormais, ces croyances,
et que pèsent les dieux lorsqu'une
déclaration humaine universelle peut
désormais être pensée et
proclamée non seulement sans prendre appui
sur une présence divine, ce qui se comprend,
mais sans lui laisser aucune place ? Laisser vide
la place des dieux, certes, mais la
reconnaître comme place, comme mystère
face auquel chaque homme est libre de sa
réponse, c'est du moins s'assurer que
personne ne la prenne, cette place. Lorsque le
fondement de l'homme, c'est l'homme, et la plus
haute aspiration de l'homme, encore un monde
humain, lorsque notre origine, c'est la famille
humaine ; notre foi : les droits de l'homme ; notre
fin : l'homme libre dans un monde juste, reste-t-il
de quoi désirer autrement, ailleurs, autre
chose, au-delà6 ?
Supposons qu'un tel monde délivré de
l'injustice et de la misère advienne.
L'homme ne continuerait-il pas d'y être
mortel ? Ne laisserait-il pas encore à
désirer, ce monde, à désirer
plus loin, plus haut que la mort ? Mais j'ai
ajouté abusivement un mot. Le mot " mort "
ne figure pas dans la Déclaration
universelle des droits de l'homme.
Cette culture est-elle la première qui
proclame que son but ultime, c'est l'humain et non
plus de conduire l'humain jusqu'au divin ? En tout
cas, une chose apparaît ici : l'accès
au monde des dieux, même laissé
à la libre interprétation de chaque
culture, ne fait pas partie des droits de l'homme.
La mort alors ne sert de rien, elle n'est pas un
passage ; juste une limite à la vie humaine
; il n'y a plus qu'à l'éloigner le
plus possible et ne pas en parler. Nous serons
libres de parler et de croire, dans ce monde
désirable, mais nous n'y parlerons pas de la
mort ni de ce que sa présence puisse
indiquer un au-delà au désir...
Voilà ce que je voulais montrer d'abord au
lecteur. Que les limites assignées à
l'homme par ce qu'on croit être la
superculture mondiale doivent être
transgressées si l'on veut aller à la
recherche de ce désir : celui de parvenir,
en traversant la mort, à sortir vivant de ce
monde.
(...)
1. Qui sera mise en préambule à la
Constitution de 1791 et des constitutions qui la
suivirent jusqu'à nos jours.
2. La France de 1848 rétablira le nom de
Dieu, ne lui gardant que la fonction de
présence, pour proclamer la
République et les droits des citoyens : " En
présence de Dieu et au nom du Peuple
français, l'Assemblée nationale
proclame... "
3. Je prends ici le texte de la Déclaration
universelle publié en six langues par
Amnesty International Belgique en 1988.
L'illustrateur de cette édition, Jean-Michel
Folon, dans son Avant-propos, dit de la
Déclaration : " Tout le monde en parle.
Personne ne la lit. " Je ne l'avais moi-même
pas véritablement lue avant de m'y reporter
pour la présente recherche.
4. En anglais : " ... has been proclaimed as the
highest aspiration of the common people... ".
En espagnol : " ... se ha proclamado como la
aspiración más elevada del
hombre... ". J'ignore les langues des trois autres
versions - arabe, chinois, russe - reproduites dans
cette édition.
5. " Article 18 - Toute personne a droit à
la liberté de pensée, de conscience
et de religion ; ce droit implique la
liberté de changer de religion ou de
conviction ainsi que la liberté de
manifester sa religion ou sa conviction seule ou en
commun, tant en public qu'en privé, par
l'enseignement, les pratiques, le culte et
l'accomplissement des rites. "
6. Je pense à ces phrases de Rimbaud dans
Une saison en enfer, " Mauvais sang " : "
Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement,
qu'elle ait guidé et sauvegardé
jusqu'ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre
même de mon corps, et plus oisif que le
crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille
d'Europe que je ne connaisse. - J'entends des
familles comme la mienne, qui tiennent tout de la
déclaration des Droits de l'Homme. "
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